Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /Août /2007 15:11

...Miss Shirley, Lord William et leurs Amis dansent autour du bûcher. Pour la dernière fois la tribu fait vibrer cette terre aimée: le Hasenloch. A tous ceux qui un jour ont donné vie à ce lieu, lui offrant leurs utopies et leur folie, il dédient ces ultimes notes de musique qui résonneront à jamais dans l'immensité du monde. 

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Miss Shirley et Lord William s'en vont suivre cette onde d'Amour impulsée par leur tribu. Nul ne connait l'aboutissement de leur éxil, mais cela n'a aucune importance.Ne connaissant pas la destination, il savent qu'il serait vain de chercher à suivre la bonne route, et sont prêts à se laisser égarer par leur étoile du berger.

Mais qui sont ces gens? Miss Shirley et Lord William se rencontrèrent le jour même de la mort du pape Jean-Paul 2. Comme il souffrait, finalement c'était mieux pour lui. Miss Shirley servait des repas marcaires dans une auberge vosgienne et ses couettes de gretchen, son tablier tirolien à carreau mal boutonné ne laissa pas Lord William à cours d'idées. Et, (merci Jean-Paul), une fois avoir englouti sa palette fumée et ses roïgebrageldi, il dessera sa cravate et l'emmena dans les hautes herbes, pleines de tiques. Il lui promit des perles de pluies venues de pays où il ne pleut pas et un tas de choses comme ça, et, elle, lui promit de ne pas lui en vouloir s'il ne tenait pas ses promesses. Ce qui était sur pour eux en tout cas, était que rien ne les arrêtera sur leur chemin, ni les hommes, ni les bêtes et ni même la morale.

Deux années plus tard, ça y est, plus de boulot, plus de baraque. A part leurs propre corps, ils disposent de deux vélos à béquille escamotable. L'avantage premier de la bicyclette sur la bagnole c'est de ne pas posséder de marche arrière. On ne peut donc aller que de l'avant. Dans leurs sacoches, une sélection d'une vingtaine de kilos prélevés dans la montagne de bordel qu'il possédaient. Chaque objet était longuement étudié afin d'en évaluer le rapport poids/utilité. Lord William n'a pas omis d'empaqueter son porte-bonheur, son foetus de lama séché, à qui il a fait le serment de le relâcher sur sa terre originelle: la Bolivie. Mais avant, le cadavre devra subir les secousses des piste de l'Equateur, du Brésil, du Paraguay, et, -qui sait?- peut être du monde entier. Si déjà on casse des oeufs, autant en faire des omelettes.

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Adelante! (en avant)



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Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /Août /2007 22:53

Le voyageur, pour pouvoir prétendre flirter avec la liberté, saisit volontiers les opportunités qui se présentent au gré des vents, se laissant parfois mener au-delà des espérances de sa curiosité. Le voyage doit laisser autant que possible son auteur  libre de contraintes, de programme, et dans une certaine mesure, d'ambition. Toutefois, Miss Shirley et Lord William,  n'étant que de simples français moyens ont encore besoin de repères. Ayant pris en compte une multitude de paramètres et émis de nombreuses hypothèses, un itinéraire semble se dessiner d'ores et déjà devant leurs roues.

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Vendredi 3 août 2007 5 03 /08 /Août /2007 11:03

En attendant le départ, nos deux amis se souviennent d'une recette colombienne qu'ils ont testé en France: 
Les cnacks au coca
Facile et rapide à préparer, peu onéreux ce plat malsain à le mérite d'offrir un goût original au curieux.
Ingrédients: des cnacks, du coca-cola
Protocole: coupe les saucisses en rondelles, mets-les dans une casserole, recouvre légèrement de coca et laisse cuire à petit feu et à découvert. En s'évaporant le liquide va caraméliser et engluer les cnacks d'un goudron épais. 
Sers ça chaud, parce que froid, c'est encore plus dégueu.
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 22:16

 


Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, c'était en 2005. Aï Colombia! 
(clique sur l'image)

(désolé, ca marche pas)

  (enfin si, ça marche, mais faut attendre pas mal pour charger)



Jour J-2, prochain rendez-vous en pays latino. Hasta pronto!
http://srv04.admin.over-blog.com/index.php?module=admin&action=video_FCKVideoBrowser&ref_site=1&FCKBrowser=true# / 



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Jeudi 30 août 2007 4 30 /08 /Août /2007 01:36

Avant d'affronter le trafic des longues avenues qui relient l'aéroport à Quito (Equateur), Miss Shirley et Lord William assemblent leurs bicyclettes sous l'oeil avisé du flic du coin. Lui-même cycliste à ses heures, et curieux à toute heure, il connaîtra au final le prix français (inventé) de chaque pièce de vélo, mais ne parviendra pas à se faire offrir la pompe tant convoitée.
Pourquoi les képis étrangers nous apparaissent-ils toujours moins détestables que les nôtres? Notre soif d'exotisme nous pousse parfois à tromper l'évidence et à nous montrer plus tolérants et indulgents envers la flicaille du Tiers-Monde. Même si on parvient à prêter à certains flics une forme de sympathie, il convient bien-sûr, par mesure de sécurité de se méfier farouchement des uniformes, et ce, dans tous les pays du monde, à commencer par la France. Mais en règle générale le policier tropical s'ennuie à mourir et le gringo de passage constitue plutôt un moyen de passer le temps, qu'une victime à détrousser.

Une courte excursion mène nos deux amis dans les montagnes du Nord, histoire de s'acclimater un peu aux altitudes qui les attendront plus tard au Sud. Cheminant sur la crête, une musique lointaine caresse doucement leurs oreilles. Ils se laissent donc guider par le chant des sirènes. A mesure que leurs pas s'approchent de la source sonore, celle-ci semble s'éloigner, et ce n'est que bien plus tard, étant sures de les avoir égarés, que les sirènes apparaissent. La magie avait opéré.
Miss Shirley et Lord William se trouvent au coeur d'un village indien, déjà invités pour trois jours de fiesta. Il s'agit en réalité d'une crémaillère! 
Un orchestre de oumpapa locale fait péter les enceintes, et des dizaines d'invités affluent avec de la bière en grande quantité et des poules ligotées que les femmes s'empressent de zigouiller et plonger dans la marmite bouillante. Tous portent leurs vêtements de fête, les femmes en corsages finement brodés, laissant apparaître leurs longs colliers de perles dorées, et les hommes en pantacourts blancs immaculés et ponchos bleus, les cheveux soigneusement tressés.
Nos deux amis sont accueillis individuellement par chacun avec un godet d'alcool sous les encouragements des musiciens qui interrompent régulièrement leurs chants pour souhaiter la bienvenue aux français. Après quelques pas de danse , les voilà saouls, et enfin acclimatés à l'altitude.Le ton est donné, le voyage débute sur de bonnes bases. 



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Vendredi 7 septembre 2007 5 07 /09 /Sep /2007 00:19

 Si le chien est le meilleur ami de l'homme, le chien errant équatorien est le pire ennemi du cycliste. C'est à grands coups de tong dans la gueule que Miss Shirley et Lord William défendent régulièrement leurs appétissants mollets.
 Certains d'avoir trouvé une zone décaninisée, ils plantent la tente en retrait d'un village andin. La nuit tombée, malheureusement, la cachette est découverte et le concert de grognements et d'aboiements s'avère rapidement insoutenable. Afin de s'épargner une nuit sans sommeil, ils décampent en vitesse, tentant avec succès, mais de justesse, de semer l'ennemi. A tâton, dans l'obscurité, ils dénichent une place idéale pour dormir à la belle. Soulagés, ils s'enfoncent confortablements dans leurs duvets et contemplent béatement les étoiles filantes qui sauront exaucer leurs voeux les plus fous.
 Quelques minutes plus tard, Rex, Médor et Rantanplan rappliquent et reprennent leur polyphonie là où ils s'étaient arrêtés, et ne cesseront qu'en fin de nuit pour se mettre à l'abri de la pluie, laissant leurs proies dans un jus froid.
 Aux premières lueurs du jour, alors qu'ils essorent leurs vêtements, Miss Shirley et Lord William s'apperçoivent que leur refuge improvisé n'est autre que le dépôtoir d'os du boucher du bled. Le trésor que défendaient les klebs étaient donc la cause des bosses qui meurtrirent les dos de nos aventuriers de pacotille!
 Désormais, Miss Shirley et Lord William voyageront avec des croquettes dans les poches!


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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 01:15

Un (tout petit) peu d'histoire:
  Au début du XVIe siècle, les conquistadors espagnols massacrèrent les Incas afin de piller leurs richesses, et nottamment leur or. Quand le dernier des chefs incas fut assassiné dans l'actuel Pérou, l'histoire (ou la légende) voudrait que le trésor restant ait été dissimulé et enterré dans une zone montagneuse du centre de l'Equateur, les Llanganates, région qui demeure encore actuellement quasi inaccessible et totalement inhabitée. Les 750 tonnes présumées d'or ont fait rever et font rever encore des explorateurs de tous poils. Mais le mythe reste entier et à ce jour personne n'a réussi à localiser le trésor, mais plusieurs ont réussi à s'y perdre et à y crever de faim et de froid.
  Munis de robustes souliers de gore tex, Miss Shirley et Lord William prétendent affronter les hostiles reliefs et climat des Llanganates, non pour chercher l'or, mais éventuellement pour rencontrer un puma, un ours à lunettes ou un tapir des Andes qui vivent tranquillos ici. Entre foret pluviale et paramo (immenses landes d'altitude entrecoupées de cretes rocheuses), ils ne trouveront que brouillard épais et pluie battante, marécages profonds et boue collante, si bien qu'il leur est quasi impossible de dénicher deux mètres carrés sans s'enfoncer jusqu'aux mollets pour planter la tente.
  Si les Incas ont étés assez zinzins pour s'emmerder à trimballer leur quincaillerie par là, il parait encore plus improbable d'aller la trouver, mais tellement probable en revanche de s'y égarer.
  En buvant l'eau des Llanganates, Miss Shirley et Lord William ont certainement ingéré quelques molécules de cet or, et franchement ça leur suffit. Il ne leur sera pas offert d'observer un ours à lunette mais en consolation, ils imaginent que lui les a vus. Néanmoins ils croisent ça et là des empruntes et crottes qu'ils attribuent au puma. Un gros rhume sera sans doute le souvenir le plus exquis de cette expédition.
  Sans drogue hillarante et sans cuissardes, une telle entreprise ne peut etre que vouée à l'échec.


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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 01:49

  A la quete d'un meilleur climat, Miss Shirley et Lord William entament une délicieuse descente qui les conduira , 3000 m d'altitude plus bas, dans les bras ouverts de Dieu.
  "Notre maison est votre maison". L'invitation est lancée et un matelas mou et sec, ça ne se refuse pas.
  "Vous etes catholiques ou chrétiens?", "De toute façon tous les enfants de Dieu sont nos frères."
  Parmi les nombreuses sectes qui sévissent en Amérique Latine, les cathos et les évangélistes sont le plus virulentes. Les églises évangéliques se développent principalement dans les villages pauvres profitant d'une éducation qui fait défaut, mais s'infiltrent également volontiers dans les villes. Elles ne croient pas à l'évolution des espèces et pensent qu'on descend directement d'Adam et Eve! Mais tout le monde est en droit de croire au Père Noël ou aux extraterrestres.
  Après le souper, Miss Shirley et Lord William sont conviés à participer à l'office évangélique. En voyage, la curiosité prend souvent le dessus sur la raison.
  A peine entrés dans le hangar qui sert d'église, ils savent qu'il va falloir faire de gros efforts pour ne pas éclater de rire devant le ridicule de la situation. La messe débute par une espèce de parodie de concert rock. Ça ne vaut pas AC/DC, mais une batterie, une basse et une guitare électrique ornée du Christ et de la croix accompagnent avec entrain et à grand renfort d'effets, une vieille dame frippée et pas drole qui chante faux des textes cuculs à souhait, devant un petit pupitre orné de coeurs en papier, de rubans à cadeaux et de "smiles" jaunes.
  "Surtout ne pas se regarder" pensent nos amis en se mordant les lèvres et feintant de se moucher afin de contenir un fou-rire irrésistible.
  Ensuite, Aquiles (Achille), notre hote, prend place derrière le pupitre à ruban, et entame un discours pour leur souhaiter la bienvenue et surtout pour confirmer aux autres qu'il a un grand coeur. 
  Au tour de Lord William de prendre la parole (véridique!) et de baffouiller un genre de merci à l'assamblée. Qui l'eut cru?
  Puis, vient le tour du pasteur, du style Hamster Jovial bedonnant, qui raconte avec beaucoup d'humour et d'éloquence des histoires où il se met en scène ainsi que sa famille et qu'un certain Pedro.
  La messe est finie, Miss Shirley et Lord William peuvent souffler et relacher leurs abdos. Histoire de s'interresser, Lord William demande à son hote: "mais qui est donc ce fameux Pedro?".
  "Saint Pierre, un apotre!"
  Honte sur William l'inculte!!
Le lendemain après avoir étés bénis un bonne douzaine de fois, nos amis s'en vont, fiers de pouvoir dire: "je l'ai fait!". 


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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 02:22

  Alors que nos deux héros favoris donnent leurs premiers coups de pédale dans la jungle, ils sont loin de s'imaginer ce qui les attendra plus loin.
  Miss Shirley barbotte sous une cascade, Lord William observe les papillons. Les vélos prennent le soleil et puis c'est reparti, les voilà qui s'enfoncent de plus belle dans cette jungle équatoriale - un jardin d'eden-.
  Heureux, ils décident de s'aventurer sur un petit chemin discret et pentu qui semble les appeler. Après avoir trainé les vélos dans la boue et les cailloux, les voici arrivés dans un merveilleux petit village indigène au bord d'une merveilleuse petite rivière.
  Confiants et reconnaissants envers le seigneur qui les avait guidés jusqu'ici (voir article précédant), Miss Shirley et Lord William s'imaginent déjà la joie qu'ils auront à rencontrer ses habitants.
  Ces derniers n'ont malheureusement pas le meme entraint. La chef du village (accessoirement la maitresse des enfants), entourée de ses diciples et de quelques bambins, leur demande avec férocité le motif de leur venue.
  En vérifiant leurs passeports, elle gronde nos amis en les accusant de venir prélever des organes sur les enfants de la communauté.
  En effet, ils apprendront plus tard que ce genre d'évènement serait déjà arrivés dans le coin et il se trouve que les auteurs étaient de la meme couleur qu'eux.
  Pendant qu'ils se justifient de leurs bonnes intention et de leur innocence, l'adjoint du chef fait danser sa machette autour d'eux et les enfants regardent avec horreur Miss Shirley et Lord William.
  Grace au ciel, le jury proclame non coupable et nos héros sont autorisés a passer la nuit dans la communauté, et de partager leur excécrable schnaps de canne.
  Au petit matin, ils repartent ni vus ni connus, non sans avoir remplis leur glacière de reins et de foies!


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Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /Oct /2007 04:14

  Tout d'abord, chers amis, merci beaucoup pour vos nombreux messages, qui, loin de nous extraire de l'aventure, comblent les brèches qui nous rappellent à notre vie européenne. Ils lissent la surface de notre route comme une cire sur un parquet, et cela nous permet de glisser encore plus loin. MERCI.
  En relisant les derniers articles, nous nous sommes apperçus que peut-être ils pourraient vous paraître négatifs. Il ne s'agit encore une fois que de séquences de notre trip, et, tout au contraire, chaque jour qui se lève est le commencement d'un nouvel enchantement. Dans le mouvement, les évènements se précipitent à une vitesse bien supérieure à celle de la bille de notre stylo, et nombreux sont ceux qui restent suspendus dans les airs et se dispersent telles des cendres dans le vent. Le bonheur de l'aventure est ephémère et perd parfois son sens quand il est traduit par des lettres et des virgules. Le sentiment de liberté ne saurait être emprisonné dans des phrases cernées par des points.
  Cela dit, ne disposant que de 26 lettres et de quelques autres signes, nous tâchons de les combiner au mieux pour continuer à partager avec vous nos émotions.
  Au rythme du grésillement suspect du sable dans la mécanique de leurs vélos, Miss Shirley et Lord William vont de rencontre en rencontre, attrappant au passage ce que la providence leur offre, comme s'ils sautaient d'une pierre sur l'autre pour trouver leur chemin. De l'instit épicier au Colombien dépressif, des étudiants vacanciers au proprio d'un zoo, du Basque fugitif au militaire repenti, la route se trace pas à pas, contournant les glissements de terrain et les pluies tropicales, et souvent arrosée de chicha de yuca (magnoc) ou de chicha de chontadura (fruit à saveur de châtaigne), boisson traditionnelle dont les autochtones apprécient les vertues (principalement le degré alcoolique). Il s'agit en fait de yuca ou chontadura cuits et mastiqués à la bouche par les femmes et fermentés, qui procure à la fois courage et diarrhée, mais qui ne doit jamais se refuser. On s'y habitue finalement aisément, bien qu'on puisse avoir le sentiment de rouler des pelles à tout un village.
  Afin d'appréhender la jungle en toute sécurité, il est également vivement recommandé de faire l'expérience de l'ahuayasca. Cette plante médicinale hallucinogène permet de recevoir ou non l'autorisation de l'Amadoboa (qui est à la forêt ce qu'est saint Pierre au Paradis) de pénétrer dans la jungle. L'ahuayasca est une liane vigoureuse et tentaculaire qui doit se cuire de longues heures en association avec l'ahuayusa (plante qui aurait le pouvoir pour qui l'absorbe de tenir les serpents en respect).
  Carmen prépare la potion sur un feu de bois tandis que ses six gamins lui gambadent entre les pattes. La nuit tombée, Miss Shirley et Lord William, à jeun, reçoivent la dose exacte, accompagnée d'une gorgée de "veinte-cinco" (schnaps de canne dont le nom vient du fait qu'il coûte 25 centimes le litre). Puis un cortège grouillant et dense d'animaux agitent leurs pattes, leurs antennes, leurs tentacules, leurs ailes, leurs queues, leurs mandibules. Le fourmillement se déploie sur les innombrables bras de la liane, aucun espace ne demeure entre toutes ces choses vivantes, qui ne cessent de tourner sur elle-mêmes formant des arabesques infinies, sans début et sans fin.
  Un voyage fabuleux dans une forêt merveilleuse, une entrée dans une caverne, au pied d'une falaise, la rencontre avec Amadoboa.... Le passeport pour la jungle est tamponné. Retour à la lisière de la forêt. La cérémonie s'achève au petit matin par une "limpieza" (nettoyage). Carmen avale un godet de "veinte-cinco", allume une cigarette, puis remplit sa bouche du même avant de le cracher en pluie fine sur la tête de Shirley et William. Munie d'un bouquet de plantes spéciales, elle tourne maintes fois autour d'eux en leur fouettant le corps de haut en bas pour purifier leur esprit. Les voilà maintenant prêts non plus à affronter la forêt mais à la vivre. Désormais ils font partie d'elle et n'ont plus à craindre quoi que ce soit. 
  Vite, il est 6 heures du mat, rendez-vous avec Léo, pour la prochaine aventure. Leo est Argentin et vadrouille avec sont vélo depuis trois ans en vivant de son artisanat: il fabrique des bracelets, en os, en graines et en peau de serpent écrasé qu'il trouve sur la route. Miss Sirley, Lord William et Leo ont en projet de poursuivre leur voyage ensemble, sur un radeau, jusqu'à Manaus au Brésil, une dérive de plusieurs semaines. 
  Le radeau est le moyen de transport ancestral utilisé par les indigènes d'Amazonie pour acheminer depuis leurs contrées lontaines le bois, le maïs, les bananes jusqu'aux villes. Il ne permet que de descendre les rivières, le retour se faisant à pied, parfois sur de nombreux jours. Pour fabriquer un radeau, il faut quelques billes de balsa (un arbre à croissance très rapide qui fournit en quelques mois un tronc d'une très faible densité, ce qui lui permet de flotter), du bambou, pour lier les troncs entre eux, des morceaux de bois de chontadura, pour fixer le bambou sur la balsa, et des lianes pour assurer la fermeté des fixations.
  S'enfonçant dans la forêt pour enquêter sur ce moyen de locomotion, ce n'est qu'au terme de longues marches, de passages de rivières à la nage et à gué, que les trois associés dénichent la perle rare, au fin fond du rio Arajuno-Puni, affluent du Napo (pour ceux qui ont la carte). Un radeau de sept troncs, déjà assemblé, les attend à la communauté de Santa Barbara. Il faut le descendre jusqu'au village de Campacocha où il sera possible de charger les vélos et les vivres. Nos apprentis matelots apprendront vite que manoeuvrer ce type d'embarcation est très délicat car il ne possède pas de quille. Premier rapide, première décharge d'adrénaline. Deuxième rapide, le radeau se fracasse contre une paroi rocheuse et accuse de sévères dégâts. Arrivés de justesse, à la nuit tombante à Campacocha. Le radeau est naze, mais l'équipage est fier. Demain on le réparera.
  L'épicière du bled leur prète un toît pour leur épargner la pluie et au final, c'est une pluie de crotte de chauves-souris qui les arrosera cette nuit-là. Au matin, pas de temps à perdre, il faut remettre le navire en état. Quelques coups de machette plus tard, le plus beau des radeaux du monde est prêt. Il ne reste plus qu'à lui fixer sa mascotte en proue (un iguane en bois trouvé étrangement dans la décharge). IMG-0441.JPG
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"La Iguana" est baptisée à la chicha et chargée, vélos, riz, bananes vertes,lombrics pour la pêche... En route! Un rapide suivi d'une courbe à 90 degrés, "La Iguana" percute violemment la falaise. Rien de cassé. C'était le test. Longue vie à "La Iguana". Durant la nuit, une pluie torrentielle dégringole du ciel et au matin le rio à grossi de plus de deux mètres. La navigation continue sous la pluie. Vers midi, "La Iguana" et son équipage font leur entrée sur le Señor Napo. Le rio Napo est en crue, et charie à vive allure des arbres entiers qu'il est difficile de contourner. "La Iguana" paraît toute petite, telle une coquille de noix dans l'océan. Observer les courants, anticiper, choisir de quel côté des îles passer, quel bras emprunter... Le Napo déchaîné fait ce qu'il veut de l'embarcation. Tourtbillons, courants transversaux... Surtout, éviter les branches qui dépassent de la surface de l'eau et qui pourraient ouvrir "La Iguana" en deux. Au soir, les marins d'eau douce accostent sur la plage de la communauté de Agua Santa (Eau Bénite), sans encore savoir que ce sera la dernère étape de la croisière. 
  Si la pluie cesse, le Napo devrait décroître durant la nuit. Au matin,du fait de la décrue, "La Iguana" se retrouve en équillibre sur le rivage et c'est lors de la remise à flot que l'accident survient. Leo se retrouve coincé dans l'eau entre le radeau qui dévalle et un arbre charié par le rio. Il resort de l'eau avec la paume de la main pendante (même effet que quand on désosse un gigot).
  L'hosto le plus proche, à Coca, est une vaste plaisanterie. Leo restera cinq jours sur une couchette dégueu, avec une fièvre terrible, au milieu des cafards et des fourmis. Il s'est choppé une infection du tonnerre et son état empire chaque jour. Il n'y a pas de médocs à l'hosto et il faut se démerder dur pour s'en procurer à l'extérieur. Il n'y a même pas un verre d'eau potable à disposition du mourant de passage. Surtout, il faut tout surveiller, car les infirmières ne cessent de se tromper dans les posologies, piquant dans la fesse à la place de la veine, piquant Pablo à la place de Carlos, etc, etc... Un travail à temps plein pour Miss Shirley et Lord William. L'infection a gagné le bras, jusqu'à l'épaule, et une nécrose pourrit la chaire de la main. On distingue maintenant nettement les tendons encore blancs sur le dessus. Il est question de sortir la scie à os. Gangrène.
  A ses côtés, un flic, le kalachnikov en bandoulière surveille un prisonnioer blessé. Depuis une semaine qu'ils sont ensemble, ils se sont faits copains et lisent, côte à côte, la bible en partageant des bombecs. 
  Il devient urgent de sortir Leo de ce trou à rat, sinon, ils vont le laisser crever, A l'hôpital de Quito, un vrai hôpital, le pronostic est donné: une chance sur deux qu'on lui coupe le bras dans les deux jours.
  Aujourd'hui Leo est plus ou moins sorti d'affaire. L'aventure de "La Iguana" est terminée. Leo fait partie de ces personnes qui resteront à jamais des amis. Nos chemins se recroiseront sûrement, et des aventures plus heureuses doivent obligatoirement nous attendre quelque part. 
  Adios Leo, bon vent.


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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 01:40

  Une douzaine de mayones grillés, larves de coléoptères en forme de gros asticots blancs, donnera aux adieux à l'Equateur et à la fin de ce premier chapitre de la saga de Miss Sirley et Lord William, un goût persistant qui ne se dissipera qu'au bénéfice de nouvelles saveurs découvertes au fil d'une lente et paisible digestion dans les entrailles de l'Amazonie. Cap sur le Perou via le rio Napo, aurant dire via le nomansland.

  Ayant perdu toute notion du temps au cours de cette longue et lente dérive dans les fluides tièdes de l'Amazonie, il se peut que la régularité des épisodes de la saga tropicale en ait pati. Ah oui, les photos! Pour tous ceux qui ont manifesté leur impatience de voir des images, il leur faudra encore un peu trépigner. Les photographes étant affectés par la fainéantise, par contagion, mimétisme, et finalement par goût, il ne subsiste que les caméramans, dont nous pourrons découvrir les filmations bien plus tard. Patience...

   Poste frontière équatorien de Rocafuerte (c'est plus fort que du roquefort). Mission du jour: trouver dans quel hamac a bien pu s'affaler le flic chargé de tamponner les passeports. Enfin débusqué, et arraché à une sièste manifestement délicieuse, il enjambe son mini vélo cross et s'en va à contre-coeur, se cognant les genoux au guidon à chaque tour de pédale, à la quête de son outil de travail, ce fichu tampon qui lui pourrit la vie.
  Deux heures de péké-péké plus tard (canoé à moteur), arrivée à Pantoja, poste frontière péruvien. Jerry, le flic chargé du tampon, joue au foot sur la plage. On tamponnera plus tard. De toute façon le bateau, qui passe tous les quinze jours, n'est pas prêt d'arriver!
  Pantoja, 400 habitants (surtout des enfants), et 200 militaires (il n'y a pas plus cool que d'être guerrier en temps de paix), est relié à la ville par un trajet de cinq jours de navigation. Pas de piste d'atterrissage, pas de de bagnole, pas de mobylette, c'est le bout du monde par excellence!
  Jerry, le flic, à la guitare, et le maire au chant, entonnent un hymne de bienvenue pour les Français égarés ("bienvenue dans le pays de l'amour"), tout en décapsulant des bières, et poursuivent par tout un répertoire de chansons romantico-coquines. Ainsi se déroulent les formalités douanières.
  Pantoja, c'est le bled du no-stress, du savoir-vivre et de l'amour éternel. Un lieu intemporel sorti d'un livre de conte. Entre deux sièstes, chacun fait son petit tour pépère, en se saluant, taillant une bavette par-ci et par-là. Les gamins pataugent dans la rivière, les militaires s'enivrent paisiblement et puis s'endorment, les oiseaux chantent et le soleil brille. La montre est devenue un appareil aussi inutile qu'une machette à Paris, et bien souvent il en est de même pour le calendrier. 

  Un jour le bateau arrive, chargé de bière, de riz et de quelques prostituées pour les militaires. Suffisamment pour les deux prochaines semaines. Et ainsi va la vie.

  Aujourd'hui, avant de jouer aux échecs avec Jerry, Miss Shirley et Lord William s'en vont en canoé avec Jorge cueillir de aguajes, fruits d'un immense palmier sauvage, qui serviront à préparer la boisson dopante pour le match de foot de dimanche. Les aguajes croissent dans les marécages, et c'est en pataugeant dans un liquide sombre et nauséabond jusqu'à mi-cuisse, que l'on part à la rencontre du fruit magique. La collecte s'effectue selon une pratique singulière: plutôt que de grimper, il s'agit de tomber l'arbre à la hache et de récolter au sol (dans l'eau). Premier arbre abattu: les fruits sont verts, dommage. Deuxième: idem. Troisième: enfin! Bilan: trois arbres sacrifiés pour une corbeille de fruit et une partie de foot perdue, et des sangsues grosses comme des limaces accrochées aux jambes (le pisse est le meilleur produit pour les détacher).

   Quelques jours plus tard, le bateau repart pour une reconstitution de la légende de l'arche de Noé: la longue descente du Napo est ponctuée par des centaines d'arrêts afin de charger cochons et passagers par centaines, vaches, tortues, alcool, crocodiles, singes, poules, bananes, serpents (clandestins dans les régimes de bananes), branches de palmiers pour les toitures, buffles, bois, troncs, perroquets, alevins, poissons séchés, toutes sortes de gibiers, peaux de jaguar,etc...  La péniche souffrira bien vite d'une problématique surpopulation, mais, au fil du temps, tout ce monde trouvera son petit coin malgré l'embarquement improbable de nouveaux arrivants. Les plus contortionnistes réussiront, de temps en temps, pour se dégourdir les jambes, à ramper sous les rangées denses de hamacs tendus de part et d'autres, perturbant d'interminables séances d'épouillage.     IMG-0819.JPG
  Une ambiance de boatpeople.
  A chaque arrêt du jardin zoologique, de jour comme de nuit, les riverains se trouvent debout sur le rivage comme s'ils étaient pétrifiés pour avoir tant attendu le passage du bateau, seul lien avec le reste du monde. Ils vendent leurs produits à très bas prix (5 francs les 50 kg de bananes) et achètent éventuellement des produits très chers (cartouches de fusil, essence pour tronçonneuse).

   Un jour, le bateau arrive à destination, à la limite de l'asphyxie et de la catastrophe sanitaire.

  Iquitos, Perou. Une grande île-ville fichée au milieu d'un océan de pure verdure. A première vue, Iquitos est en mouvement perpétuel, et grouille de toute part. En réalité, cette impression vient du potin terrible des mototaxis et des motos qui pétaradent, et, en dépit du bruit et de la forte population, cette ville est bien paisible. 
  Les deux passions des Iquiteños, à l'unanimité:  La Pilsen (bière) et "Explosion", un orchestre qui, depuis des années remplit des stades du mercredi au dimanche soir toutes les semaines de l'année, accompagné par des choregraphes aux fesses nues. Un plébicite sans faille. "Explosion" s'écoute fort, n'importe où, au travail, dans les bus, les bars, les maisons, entre amis, en famille, et s'accompagne invariablement de Pilsen. La Pilsen doit être la dépense numéro un des ménages, et englouti facilement tout un salaire. Depuis un mois, le plan "Zanahoria" (traduction, le plan carotte), oblige les débits de boisson à fermer à minuit du lundi au jeudi, et cette mesure impopulaire est l'objet d'un vaste soulèvement orchestré par les fabricants de bière. Bref, Iquitos ne semble pas souffrir de problèmes insurmontables.

   Si bien souvent on peut faire le constat désabusé que toutes les grandes villes du monde se ressemblent, Iquitos échappe à la règle. Et c'est avec un petit pincement au coeur que Miss Shirley et Lord William chargent leur bicyclette dans le "Carlos Antonio". La descente du fleuve Amazone débute, toujours dans la promiscuité (jusqu'à deux rangées de hamacs superposés), mais cette fois sans les cochons. Ils passeront les trois jours suivants en compagnie de 300 tonneaux d'essence de 250 litres chacun (75 000 litres), vaguement bouchés avec des sachets nylons. Pour des fans d'"Explosion", ça se comprend. Les autorités zélées, pour l'occasion, s'empressent de collecter le "pourboire" nécessaire à fermer l'oeil. Un air de "Salaire de la peur".

  Voilà, un chapître supplémentaire se ferme à l'endroit exact des frontières du Perou, de la Colombie et du Brésil (à Leticia). L'histoire suivante sera brésilienne! (Fabrice, merci pour les conseils, on va tenter le coup à Manaus, mais toi qui a l'air de bien connaître, peux tu nous envoyer des  contacts?). 
Les guirlandes électriques de la rue du sauvage nous manquent. On pense à vous.


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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 23:16

pour te mettre un petit moment dans l'ambiance de la selva péruvienne et du monde d'Explosion, tu peux regarder ça (ça prend quand même un peu de temps à charger):

http://www.youtube.com/watch?v=52ipgMTRffE 

Et:

http://www.youtube.com/watch?v=b6-iygQ6jMU

ON VIENT DE DECOUVRIR QU'IL EST POSSIBLE DE REPONDRE A TES MESSAGES, ET DONC, A PARTIR D'AUJOURD'HUI, TU RECEVRAS DIRECTEMENT UN PETIT MOT BRULANT DE SOLEIL CHAQUE FOIS QUE LE FROID DE L'HIVER CONTINENTAL TE PIQUERA LE VISAGE. VRAIMENT, ON MESURE A SA JUSTE VALEUR, C'EST A DIRE SANS MESURE, LE BONHEUR DE TE LIRE, SI LOIN DE TOI, LOIN DU COEUR ET LOIN DES YEUX. QU'EST CE QU'ON AIME ETRE CON.


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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 14:43
  Une  croisière sur l'Amazone impose au vagabond surexcité de longs moments d'inactivité, propices  à toutes sortes de réflexions. Après trois  mois de vadrouille, le shéma du parcours offre déjà suffisemment  de courbes et  de couleurs pour en contempler et en commenter  l'esthétisme et la pertinence. Au delà des anecdotes, des rencontres et du hasard, qui donnent corps au voyage, se pose la question du pourquoi. Pourquoi, donc, voyager?
   Une autre option aurait été de bosser , ou, plus malin encore, de faire bosser les autres, pour gagner du pognon, puis transformer ce pognon en biens: baraque, bagnole, bibelots, tourniquettes pour faire la vinaigrette, etc
   Cependant, le voyage, en dépit de l'image idéaliste qu'il évoque, demeure également un acte de consommation, même pour celui qui se fait, (ou se croit), discret. Il implique de claquer son blé, parcimonieusement mais sûrement, dans de la bouffe, du couchage, de l'internet, et de la crème antifuroncle...  Une fois achevé, au lieu de la baraque et de la tourniquette, ne subsistent que quelques pages d'écriture raturées, et quelques souvenirs qui tiennent dans une cuillère à café de cervelle.
   Mais si la baraque peut brûler et la tourniquette se gripper, en revanche la cervelle demeure tant que son heureux propriétaire existe, et le voyage continue en suivant les lois d'une autre dimension.
   Mais bien sûr, le plaisir de posséder une tourniquette, peut durer au-delà de la vie de l'objet, pour celui qui adore la salade peut-être. (à part Boris Vian, quelqu'un sait-il à quoi ressemble cet appareil, on a une vague idée, mais bon....).
   Bref que chacun fasse ce qui lui plaît, sans faire chier les autres, et sans se laisser emmerder par ceux que ça dérange, et le monde progresse.

   Dure la philo par 40 degré, car le cerveau constitué principalement de lipides entre en déliquescence à 39.

   Pour jouir pleinement des bienfaits du voyage, s'écarter de la route devient une nécessité, une évidence. Même si, au fil des multiples sentiers étroits que l'imagination trouve le pouvoir de tailler dans l'immense forêt du monde, guète parfois l'ennui et la solitude, c'est au moment le plus innattendu, mais le plus opportun , que savent surgir des profondeurs du fourré, les surprises que plus tard on appellera aventure.

   "La prochaine histoire sera brésilienne", a-t-il été avancé. C'était sans compter avec l'attraction que la colombie exerce sur qui l'effleure. Entreprenant un ultime incartade sylvestre dans l'enclave colombienne qui sépare le Pérou du Brésil (au niveau de Leticia), miss Shirley et lord William tombent nez à nez, au petit matin, avec un personnage extrait de "La passion du Christ": un bonne vieille gueule d'apôtre dépassant d'une tunique d'un autre temps.  Son nom est Moïse. Les portes de la 4ème dimension s'ouvrent à nouveau à miss Shirley et lord William, répondant bien-sûr positif à l'invitation du barbu. Une rude journée à trottiner avec grand peine derrière les sandalettes à réaction de Moïse, escortés par une bande de toucans, à travers une jungle qui abrite entre autres la panthère noire. Moïse fait partie d'une communauté de "chrétiens apostoliques israélites", qui vivent selon " la Loi de Dieu". Il se défend farouchement d'être du même tonneau que les juifs orientaux (les nôtres pour eux) et affirme que c'est parce que ceux-ci n'ont pas obéi à cette fameuse loi que Dieu leur envoya Adolf Hitler, "comme un père qui punit ses enfants, ce qui est juste". Ils pensent que tous les malheurs des Hommes, de l'impossibilité de communiquer (cf la tour de Babel), au changement climatique, les maladies, etc... (un paquet de malheurs pour celui qui cherche à les énumérer), est le le fait de Dieu. Ils basent toute leur idéologie sur la peur de la punition.

  Non, Shirley et William n'ont pas perdu la tête. Ils restent bien évidemment conscients que les religions sont un concentré de merde avariée en boîte, mais la curiosité, encore une fois, les pousse à vouloir comprendre comment et pourquoi des êtres humains se réduisent eux- même à l'esclavage, s'enfermant dans une prison dont ils possèdent la clef (à moins qu'elle ne soit déjà rouillée), et surtout comment un dieu pourrait laisser opérer un tel gâchi de temps. Peut-être également que miss Shirley et lord William, en examinant les prisons des autres, cherchent secrètement la manière de briser leurs propres chaînes qui les relient à des boulets dont eux-même ignorent l'existance.

  A mi-chemin, toujours dans le royaume de la 4ème dimmension, autre rencontre improbable, un genre de trappeur gringo d'une bonne quarantaine d'années, surpris à se désaltérer dans une petite rivière. Pas du tout le look Décathlon. Miss Shirley et lord William sentent qu'il aurait bien envie de leur causer , mais du fait de la présence de Moïse, il semble mal à l'aise. Restant très évasif sur ses motivations, l'Espagnol leur confesse qu'il vit seul sous une bâche en plastique depuis huit mois et compte rester en jungle le reste de sa vie, vivant de la pêche, de la chasse, et s'accomodant d'une humidité, qui, combinée à la chaleur, ne favorise dans le règne animal que le moustique et l'anaconda. Epargnant à l'ermite l'embarras d'autres questions, il restera pour miss Shirley et lord William un mystère, leur offrant une multitude d'interprétations. Il paraît évident que pour se planquer en solo dans cet enfer, à cheval sur trois pays, il faut avoir de solides raisons, et c'est avec un mélange de pitié, d'admiration et d'incompréhension, qu'ils le relâchent avec son secret en lui souhaitant sincèrement bonne chance.

   Dissimulée entre des bras d'eau qu'il faut traverser à gué ou à canoé, la communauté "Leon de Juda" est absolument introuvable pour celui qui ne serait pas parrainé. Ce soir, c'est pleine lune, une nuit spéciale qui est célébrée comme un jour de sabat. La nuit tombée, deux-cents apôtres se réunissent pour la cérémonie, les femmes à gauche, les hommes à droite et Shirley et William en avant-plan, bien-sûr. Commence un chant, langoureux, sur trois tons (un peu plus avec les fausses notes), particulièrement inaudible et pénible à l'oreille, accompagné de gestes étranges. Trois quart d'heure plus tard, la plainte se poursuit toujours encore sans s'être interrompue. Vont-ils décliner toute la bible en pleurnichant, ou seulement l'ancien testament? Heureusement de féroces moustiques maintiennent nos sociologues théologiens en état d'éveil. Enfin la litanie cesse. Commence la révision en détail des dix commandements, que dieu envoya à Moïse un jour d'orage il y a pas mal de temps déjà. (C'est ça, en fait, la loi de dieu). Le supplice se termine par un appel de présence. (qu'arrive-t-il aux absents?).
  Le lourd sommeil, dans lequel Shirley et William trouveront refuge et réparation, ne sera entrecoupé que par de lointains gémissement, car plusieurs messes ont lieu les nuits de pleine lune.
  Moïse, déçu de voir partir aux aurores les deux nouvelles recrues, les invite à revenir trois mois plus tard pour la "fiesta": huit jour de chants non-stop. Un sacré bonne partie de rigolade en perspective!!! Non merci... on n'aime pas trop les fêtes.

   Embarquement dans le bateau "Sacré Coeur de Jésus" afin de poursuivre la descente du fleuve Amazone et d'intégrer le Brésil, ou le petit Jésus est omniprésent, comme une obscession. Déja nos amis se sont vus offrir: une bible en portugais, un recueil de poésie sur jésus, et des gri-gris à croix. Ils ont beau l'envoyer au diable, le petit jésus rapplique illico comme dans la chanson "le matou revient".  Bon, Christ, OK, on renonce à te virer, t'es plus fort que nous avec tes ailes et tes pouvoirs magiques, t'as qu'à te trouver une place sur le porte-bagage, mais on te prévient, dans les montées va falloir descendre et pousser!

   Trêve de connerie, vraiment on se marre bien ici, on a dépoussiéré les biclous et la descente de l'Amazone , entre eau et pistes, s'annonce bien cool. Bonne Saint Nicolas. (celui des manalas ou celui qui joue au père fouettard?)

  PS: celui qui joue au père fouettard, va falloir le dézinguer un de ces quatre, bon courage. Faut que ça saigne

Tendres baisers de la part de miss Shirley & Gros schmoutz du père William
 
 

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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 19:10

  Une grande surprise pour nos copains: leur amie Marielle leur rend une visite en Bolivie, et voila que Shirley court a sa rencontre, devançant William de quelques jours. Voila traduites au propre les quelques pages quasi illisibles que William aura loisir de gribouiller durant son long parcourt pour les rejoindre:

ouvrez les guillemets.

  Une lune énorme et pleine, presque juteuse illumine le sillon éphémère ouvert par mon bateau, comme un tapis d'or qui me relie encore à cette terre aimée du Tapajos. C'est la troisième et dernière nuit de pleine lune depuis notre arrivée dans cette région d'Amazonie. Sur le pont supérieur, d'énormes enceintes (non Fred 63, elles n'ont pas encore accouchées) diffusent un forro énergique, musique dansante qui parait devoir toujours s'écouter un cran au-dessus de la limite de la douleur, semant quelques accords d'allégresse dans l'immensité de la forêt qui s'étend à babord et à tribord. L'Amazone, fleuve mythique, m'offre de glisser  sur sa peau lisse et brillante, avec la confiance d'un complice de toujours. 
  Il y a quelques mois, avec Shirley, nous entrions en Amazonie comme on rentre dans la mer, trempouillant le bout des orteils pour sonder la température, puis barbotant en eau calme, une petite brasse..... Et comme "c'est pas l'homme qui prend la mer, mais c'est la mer qui prend l'homme", très vite nous nous sommes trouvés en hautes eaux, balotés au gré des vents, sachant que "dès que le les vents souffleront, nous nous en allerons". C'est ainsi que trois lunes plus tôt, nous échouâmes sur une plage du Tapajos (cf carte, région de Santarem, Brésil). Et là, nulle envie ne nous prit de remettre le raffiot à l'eau. Nous découvrions à chaque instant une terre enchantée, un pays qui n'existe que dans les contes, et encore pas dans n'importe quels contes. Voyager, c'est sans cesse lever l'ancre, affronter le mauvais grain, en sortir tryomphant parfois, à poil d'autres fois, c est le mouvement, c'est la ligne. Et là, c'était le point, ou du moins le point-virgule. Ou les points de suspension....
  Toujours est-il que l'escale estimée à 2 jours à duré quasi 2 mois, la magie du lieu ayant occulté les appels pressants du large. La suspension....
  Le lieu a usé diverses stratégies pour nous garder amarrés. Aussi, la première fut-elle de nous prendre par le vice. Celui de la gourmandise. Alain, un vieux loup, genre gros dur au coeur tendre, Guyanais en calle sèche, pensa à juste raison, qu'il était temps de sortir sa meule de raclette et son vieux livre de cuisine française. Le pâté de campagne, les rillettes et autres franchouillardises offrent un goût singulier sous le soleil des tropiques, et, après quelques après-midis de paisible digestion en hamacs,  puis une mémorable randonnées le long des rives sauvages du rio Tapajos, l'Energie ambiante nous apparut sans cesse plus palpable, même s'il est vain de tenter de l'expliquer.
  Certes, il est nécessaire de travailler un peu l'aversion que chacun de nous a pu développer à l'encontre des bêtes hostiles: ce paradis est également celui des mygalles, scolopendres, scorpions, serpents (dont le redoutable corail), la raie, dont le dard procure une douleur insupportable, le (je ne me souviens plus du nom), poisson minuscule qui s'infiltre sans crier gare dans les divers orifices du baigneur-hôte, avant d'écarter ses nageoires pour se bloquer définitivement, provoquant une mort paraît-il désagréable, etc, etc... Mais, l'emmerdeur numéro 1, celui dont on ne sait s'accoutumer d'aucune manière, n'est que très peu présent du fait de l'acidité de l'eau, et ça, ça change tout: le moustique.
  Petit à petit, nous devenions familiers du bled qui nous accueillait, Alter do Chao, une terre où la paix et l'amour sont cultivés avec le même soin que notre magnoc quotidien, attirant une foule de gens sensibles à l'énergie ostensible dégagée, la transformant en Magie. C'est ainsi que nous avons eu le loisir de partager des moments rares avec des factions toutes aussi rares de l'humanité, papillonnant entre les divers regroupements de personnes présentes. Notre squat principal, offert par la providence et surtout la bienveillance de ses occupants, était située en bordure du Lago Verde (lac vert) et nous a permis de vivre une riche expérience communautaire. Partageant notre intimité avec les mygalles qui elles aussi apprécient le climat serein de la maloca (construction de bois octogonale traditionnelle du coin), et en cohabitation concurrencielle avec divers groupes de fourmis (négociations quotidiennes), ce sont les singes hurleurs qui nous servaient de réveil aux aurores, nous invitant à piquer une petite tête dans les eaux limpides et tièdes du lac, en compagnie des dauphins d'eau douce, et sans doute des lamentins (malheureusement pas vus), avant de donner un coup de main à Anna et Jicé qui construisaient eux aussi une petite maloca dans la jungle environnante, ainsi qu'à Mandy, un peu plus en retrait.
  Autre point stratégique, la communauté "Bandeira Branca" (drapeau blanc), mène avec succès et sérieux d'importants travaux expérimentaux en rapport avec l'ayahuasca. Ce groupe, inicié par Indios et sa soeur Pan, qui en consomment depuis l'âge de cinq ans, a développé un rituel qui parfois prend l'allure de céremonies vaudou, quelque chose qui a à voir avec l'animisme.
  A une bonne heure de canoé, en pleine jungle, vit Levin, qui accueille volontiers les hordes de hippies qui déferlent régulièrement par là (ici le statut de hippy est exclusivement réservé aux artisans joailliers ambulants, dont certains sont de véritables artistes, et aux jongleurs nomades).
  Ajoutons à tous ces gens quelques originaux indépendants, danseurs de capoueira, vendeurs de guaranas, apiculteus, chamanes (magie blanche et noire, mais plutôt arc-en-ciel), artistes en tous genres....
  La conjugaison subtile de tous ces ingrédients confère au lieu un contour perméable au nouveau venu, et un contenu aux couleurs "new age".


  Le jour se lève et déjà le soleil fait briller sur mon fameux sillon d'or, les déchets que les passagers et l'équipage du bateau jettent tout naturellement par dessus bord, interrompant un moment l'élan d'enthousiasme poétique qui m'anime. Deux jours plus tard, changement de navire, pour remonter le magnifique rio Madeira, de Manaus à Porto Velho, direction Bolivia. Temps prévu: 4 jours. Mais, quelques heures à peine après le départ, le moteur lache et c'est un autre bateau de charge et de passagers qui nous remorque. Nous en aurons pour 7 jours de rab, car la vitesse du convoi rivalise désormais avec celle d'un homme à pied. Au risque d'une gymnastique périlleuse, il est possible de passer d'une embarcation à l'autre. Voyons voir quels sont mes nouveaux amis d'infortune:
  - Au premier contact, je me fais pote avec deux Argentins bien cools (jamais rencontré d'Argentins cons).
  - Une poignée de chercheurs d'or tatoués et alcooliques.
  - Quelques trafiquants de tous styles, aventuriers en recherche de négoces principalement illégaux, dont le meilleur, un Vénézuelien qui n'a cessé de nous (mes potes Argentins et moi) de nous provoquer des crises d'énurésie, tellement menteur, incompétent en affaire, et à l'affût du moindre buisness, aussi ridicule fût-il, qu'il en devenait sympatique (un air de famille avec Daran dans "Chat noir chat blanc").
  -Une artisane joaillière péruvienne. 
  -Un couple tout aussi péruvien en lune de miel.
  -Deux prostituées (la mère et la fille de 13 ans!) qui officient sur le bateau-même...
  -Un membre de l' "Union Du Végétal" (UDV), secte amazonienne qui, tout comme sa cousine le "Santo Daime", mèle Jésus à l'ayahuasca.
  -Et quelques familles sans intérêt.

  Bref, un coctail hétéroclite et détonnant dont les réactions chimiques sur 7 jours seront aussi imprévisibles que divertissantes.

  Ayant commencé, pour tuer le temps, à fabriquer des bracelets selon les techniques apprises par les copains artisans du Tapajos, je deviens rapidement animateur d'atelier macramé pour tout une troupe d'adolescentes. Mon fidèle diciple, un jeune gaillard au t-shirt camouflage arborant le titre de "soldat du Christ", devient mon ouvrier, et c'est toute une industrie du bracelet qui voit le jour: la mode du "bracelet de l'Amitié" fait fureur à bord et la rupture de stock menace.
  L'enceinte (non Fred, toujours pas! tu veux une paire de bafles?) collée à mon hamac, il devient tout compte fait, au bout d'une semaine, assez usant de subir les deux uniques disques de forro (dont un qui saute), et c'est finalement avec une joie certaine que j'apprends notre arrivée prochaine, d'autant plus que les chercheurs d'or commencent à se planter des couteaux dans le ventre, et que les reserves d'eau claire et de riz prévues pour 4 jours s'amenuisent de manière préoccupante.

  Bienvenidos en Bolivia! J'avais presque oublié le plaisir de vadrouiller dans ce pays, mais, sitôt la frontière passée, un autre monde s'ouvre au visiteur. Autre culture, autre peuple, autre vibration.
  Le seul moyen "raisonnable" de quitter la bourgade frontalière de Guayara Merim, demeure le bus (l'avion qui la relie à la capitale s'étant écrasé le jour-même par faute de carburant, et la piste étant dans un état si désastreux, du fait des pluies diluviennes, qu'il est impossible de prendre la bicyclette). Vamos pour le bus alors! Le bus à la bolivienne, c'est à dire avec bien plus de passagers que de sièges, des espaces entre les sièges un poil plus petit que le fémur d'un gringo de taille moyenne, des poules, des gosses,etc...
  La piste, en effet est dans un état de défonce préoccupant, et, quelques heures à peine après le départ, nous voilà déjà bloqués derrière une file de camions enlisés dans une boue sans consistance, pour certains jusqu'au pare-brise! Quelques mamis cocaleras (cultivatrices de coca), offrent aux hommes (je suis un homme) une boule de feuilles à mâcher pour leur donner du coeur à l'ouvrage. Qui avec une pelle, qui avec ses mains, chacun déplace des centaines de kilos de matière. Quelques heures plus tard, par hasard, mais par chance, arrive en sens inverse un convoi de jeunes recrues du service militaire, qui, animés d'une motivation très relative mettent à juste titre la main à la pâte. Il faut préciser que ces jeunes garçons sont affamés (plus de 2 jours sans daller, et pas l'espoir d'y parvenir avant belle lurette). Nous organisons des expéditions pour ramener à l'os des pierres à plus d'un kilomètre afin de former un sol ferme. Un travail de fourmis sous une pluie persistante. J'ai eu l'occasion entre deux coups de pelles et deux averses de filmer quelques scènes, et je vous assure qu'elles déchirent bien. Mais ce n'est que le début de l'aventure, car les obstacles de ce type se succèdent, la "route" prenant l'allure ça et là d'un marécage, de torrents, de mine à ciel ouvert. Ayant emprunté cette même voie 4 ans au paravant (en saison sèche!), je me souviens des immenses étendues de forêt primaires fraîchement saccagées. Aujourd'hui, ces champs de troncs calcinés ont laissé place à la pampa, une savane triste et désolée.
  Entamant l'interminable ascencion des contreforts andins, c'est au bord d'un précipice vertigineux, que le chauffeur, au volant et à la pelle depuis plus de deux jours sans dormir, tente avec les moyens du bord de réparer le système hydrolique de frénage qui s'avère défaillant.

  Arrivé à La Paz en plein carnaval, après 62 h de lutte, crotté de la tête aux pieds. La ville est en liesse, des fanfares ambulantes accompagnent d'une musique tonitruante une foule excitée, la bière et la caña (alcool à 96% portant la mention "potable" et "buen gusto" (bon goût), disponible en litre et en galon (4 litres)) coulent à flot. Danses éffrénées, embrassades collectives, batailles de bombes à eau, la joie et l'ivresse est générale, jeunes et vieux, indigènes et métis. Des corps inanimés jonchent les rues innondées de vomi et d'urine. Cotillons, bagarres et jet de bouteilles, la limite semblant être le coma, état difficilement atteint du fait d'une résistance à la picole qui place les bretons au rang d'amateurs.
  Me frayant un passage avec ma bicyclette entre les rondes de danseurs, les groupes de buveurs et les tas d'inertes, au prix de nombreuses gorgées qui ne peuvent décemment pas se refuser, trempé par les sachets d'eau qui pleuvent drus, je retrouve avec grand bonheur mais sans y croire encore, ma bien-aimée Shirley, ainsi que notre amie Marielle, qui auront moultes histoires à me faire partager.

  La Bolivie, pays surprenant et passionnant nous ouvre ses bras. Ses gens adorables, sa culture richissime, ses paysages époustoufflants, ses contradictions incessantes, nous promettent un séjour inoubliable.
  J'adore ce pays.


petite note: depuis l'arrivée d'Evo Morales au pouvoir, outre les significatives avancées sociales, j'ai retenu que désormais les ressortissants étatsuniens, pour avoir le privilège du droit d'entrée, doivent produire une demande de visa par écrit, s'acquitter d'un paiement de 100 dollars, fournir des preuves de solvabilité économique, ainsi qu'une invitation officielle à une adresse précise, un billet d'avion de retour et un certificat de vaccination. Bref, le même traitement que les States réservent aux latinos. Ce sera peut-être le cas un jour pour les français!?

  Au fait:   BONNE ANNEE!


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